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Immonde

Les immondices de ma pensée...

Sublimes salopes (épisode 3 / embrasement) | 25 mai 2007

La salope a un trait de caractère crucial sans lequel elle ne serait pas une salope : elle aime inconditionnellement le sexe, et cette prédilection est sans concession ni limites. Non pas que la salope jouisse plus ou plus facilement que n'importe quelle autre femme, mais elle a une grande aptitude à savourer à l'extrême l'instant érotique. Ce n'est pas forcément physique (encore qu'en général, cela joue un rôle primordial), il s'agit plutôt d'une conceptualisation, voire une spiritualisation (que voila un bien grand mot) du plaisir de partager une fête sexuelle avec l'élu du moment.

A cet égard, la salope développe un impressionnant savoir-faire dans l'œuvre de provoquer le plaisir tant de son partenaire que d'elle-même : avec elle, tout semble tellement facile, naturel, la connexion est instantanée et particulièrement durable. Tout ce savoir faire a pour effet de rendre ses partenaires complètement gagas. Là réside tout le drame d'une salope : ses amants ont la fâcheuse tendance de tomber éperdument amoureux d'elle alors qu'elle n'a aucune volonté de s'attacher « sérieusement ». Elle a une faculté sans faille de détachement qui déroute les hommes, pour qui ces moments d'ultime intimité, de totale connexion ne saurait signifier autre chose que « Elle en pince grave pour ma pomme ! ». Erreur, profonde erreur. La salope est un zappeuse sans états d'âme ; elle est cynique (parfois sans même en avoir conscience) ; elle est passablement égocentrée, mais pas égocentrique : elle sait tout à fait être généreuse.

Une heure et demie du matin, c'était l'heure où l'ambiance et la fréquentation du Butterfly prenaient des proportions paroxysmiques. Sur la piste de danse, trouver un endroit pour mettre un pied relève presque de l'exploit. La foule anonyme de corps moites qui s'entrechoquent allègrement communie dans la transe absurde du Vendredi soir. La femme de mon meilleur pote vient de déposer un baiser sur ma bouche et je me sens à l'étroit tant dans le confinement de la boite de nuit que dans mon pantalon.

C'était l'heure où ma pensée était prise dans un « endless loop » (je préfère à « boucle sans fin ») sur les thèmes « Ça va où tout ça ? » et « J'ai envie d'elle ! ». Les seins d'A. semblaient vouloir s'enfoncer dans mes poumons et son bassin pris dans un champ magnétique émanant du mien.

La main d'A. vint se poser à l'arrière de ma tête et je l'entendis me chuchoter à l'oreille « On y va ? ». La dernière once de lucidité qui me restait m'évita de justesse de répondre bêtement « Où ça ? »...

Dans la voiture, A. m'observait avec amusement. Situation bizarre où c'était elle qui me faisait du rentre-dedans et moi qui me sentais vaguement coupable.

Perfide, elle m'interrogea : « Tes sorties du Vendredi soir se terminent souvent comme ça, n'est ce pas ? » Juste ce qu'il fallait pour me mettre totalement mal à l'aise... J'essayai de donner le change en répondant avec une fausse nonchalance « Ça arrive... » Elle éclata de ce rire inénarrable en se moquant « Oui, toutes les semaines je crois bien... A propos, comment va Lisa ?»

La honte ! Ne jamais raconter ces histoires de cul même aux copains, je le savais déjà, mais vous savez comment on est les mecs, surtout à cet age-là : vantard et compagnie. Mais c'est vrai quoi ! Qu'est-ce qu'ils ont ces couples unis à tout se raconter des confidences qu'ils reçoivent ? En me rappelant que j'avais raconté l'épisode Lisa avec force détails à C., j'avais des sueurs froides en me demandant jusqu'où cet idiot avait été dans l'indiscrétion...

- Bah j'sais pas, cela fait un moment que je l'ai pas vue...

- Je trouve que vous iriez très bien ensemble...

Non, mais de quoi je me mêle ...

- Ah ? Bof, bof... elle est un peu ennuyeuse Lisa...

A. se marre...

- Tu n'es pas bien gentil avec tes conquêtes, dis-moi...
- C'est pas méchant ce que je dis là. Elle est gentille, sympa et tout, mais ennuyeuse. Et puis je ne suis pas vraiment preneur pour des histoires sérieuses, en ce moment.
- Je sais...

Nous arrivions dans mon quartier. « Chez moi, n'est-ce pas ? » m'assurai-je.

- Tu me fais découcher ?

- Disons ça comme ça...

- OK...

A cette époque où, comme l'avait sournoisement rappelé A., je multipliais les aventures, je mettais un soin particulier à mon intérieur. J'étais pratiquement une nana sur ce plan là et ma jubilation était quasi-orgasmique quand mes « conquêtes » se fendaient d'un « C'est joli chez toi. » Le problème, c'est que beaucoup montraient des velléités de s'attacher, et je soupçonnais hautement que c'étaient à l'appartement et non à son occupant. A. ne dérogea pas à la règle : « Wouah ! C'est super ici, je crois que je reviendrai souvent... » J'admirai sa démarche conquérante alors qu'elle allait s'affaler dans le canapé.

- Je suis sure que tu me juges sévèrement... Dit-elle.

- Non je ne juge pas. Je suis juste, heu, dérouté, disons. Ce n'est pas ordinaire comme situation.

- Non ? Pourtant tu en amènes souvent des filles, ici...

- Oui mais pas les femmes de mes amis...

- Ca change quelque chose ?

- Ben, oui... Je crois... Pas toi ?

A. jouait. Elle savait mon malaise, et visiblement ça la stimulait. Elle ôta ses escarpins et s'assit en tailleur. J'allai m'installer à ces cotés. Je n'étais vraiment pas à mon aise, partagé entre l'envie de lui sauter dessus et la gêne que toute cette histoire m'inspirait. Je la regardai, la trouvai incroyablement belle, étrangement, cela ne m'avait jamais sauté aux yeux. Elle se tourna vers moi, son visage avait une expression ensorcelante, un demi-sourire et un regard inquisiteur, que j'avais toutes les peines du monde à soutenir, ce qui me décida à l'embrasser.

Sa réaction fut volcanique, un déchaînement de passion comme j'en ai rarement fait l'expérience. Or, vous le savez sûrement, ce genre de truc est hautement contagieux. Mes mains partirent à l'exploration de son corps comme si elle était la première femme que je touchais. Nos dents s'entrechoquaient dans un concert de halètements tandis qu'elle m'étreignait avec force et détermination. Alors que j'amorçai le geste de la dépouiller de sa robe, elle m'arrêta d'un péremptoire « attends ». Elle se redressa et entreprit en quelques gestes bien assurés de m'extraire le chauve à col roulé à l'air libre. Elle se jeta dessus sans autre forme de procès et me prodigua une fellation venue d'un autre univers...

Elle avait un savoir-faire diabolique, contre lequel toute résistance était inutile. En quelques petites minutes, j'explosai piteusement dans sa bouche, ce qui ne sembla pas la contrarier outre mesure. Au contraire, en se redressant, elle se paya le luxe de me montrer avec quelle satisfaction elle déglutissait le fruit de ses efforts. Puis elle me demanda avec une certaine effronterie : « Tu as aimé ? ». Le souffle encore coupé, j'acquiesçai de la tête. « Tu t'occupes de moi ? » C'était plus une injonction qu'une question... Je me fis un honneur de lui rendre l'hommage oral. Elle ondulait en haletant sans retenue. « Ouh ! Mais c'est qu'il va me faire jouir ! » Déclara-t-elle, avant de s'abandonner à un expansif orgasme.

Elle reprit très vite ses esprits, se débarrassa de sa robe et me dépiauta. Elle me fit allonger sur le tapis, me chevaucha, empoigna mon membre et le guida en elle. Je vais vous dire, ce moment où l'on pénètre une femme (ou, pour une femme, où l'on se fait pénétrer par un homme) pour la première fois, je me dis souvent que c'est pour cet instant qu'on est venu au monde. Franchement, je suis incapable de comprendre ceux pour qui le cul est un truc secondaire... C'est le sens de la vie, bordel !

Comme j'assistai à ce spectacle d'A. en train de me baiser avec conviction, ses jolis seins en poire se balançant au dessus de moi, sa bouche laissant s'échapper quelques onomatopées de bon aloi, je me disais in petto que la vie valait la peine d'être vécue malgré les drames de la famine en Afrique, la guerre sans fin au Proche-orient et le capitalisme qui corrompt l'humanité.

La nuit fut longue. Je ne dirais pas que tout le kamasoutra y est passé mais on ne devait pas en être loin. A. m'octroya jusqu'au privilège de m'égarer dans son « entrée des artistes » où je m'épanchai pour une cinquième fois de la nuit, avant que nous nous effondrâmes dans un sommeil de plomb.

Le samedi était déjà passablement avancé, lorsque je fus réveillé par le poids du corps d'A. sur le mien. Elle me tournait le dos, accroupie, son entrejambe se frottant contre mes attributs virils, ce qui ne tarda pas à me donner rapidement une consistance propre à une nouvelle séance torride.

Après m'avoir ainsi de nouveau subtilisé quelques centimètres cubes de sperme, elle se leva, déposa un léger baiser sur mes lèvres et me dit simplement « Je file. »

- Ben attends, je vais te ramener.
- Non, non ! je vais marcher, c'est tout près et ça me fera du bien. Et puis il fait jour, tu n'as pas envie qu'on nous voie ensemble... Ne bouge pas, je connais le chemin.

Plus tard, quand je me levai enfin, je vis sur la table basse... sa culotte et un petit mot : « C'est sympa chez toi, je reviendrai ! »

(à suivre)

Publié par Immonde_entier à 11:45:00 dans Sublimes salopes | Commentaires (15) |

De la séduction comme interaction de pouvoirs | 24 mai 2007

Comme je l'avais évoqué dans un ou deux billets précédents, la séduction procède, en somme, d'un rapport de domination, d'une interaction de pouvoirs. Mais la nature du rapport de domination n'est pas celui qui vient en premier lieu à l'esprit. Le sujet séducteur n'est pas celui qui détient a priori le plus grand pouvoir, c'est au contraire le sujet à séduire qui devient maître du jeu, dès lors que le sujet séducteur aura initié le processus.

On le sait, la séduction a changé de nature assez récemment dans l'histoire humaine. La recherche d'un(e) partenaire, autrefois motivée par des nécessités pratiques (sociales, économiques voire politiques) l'est aujourd'hui essentiellement par des raisons émotionnelles. C'est cela qui rend le pouvoir du séducteur nettement affaibli : la séduction perd de son caractère codifié et rend incertaine l'issue du jeu.

Le schéma ou l'homme séduit et la femme est séduite devient obsolète. En accédant à l'autonomie financière, la femme ne veut ni ne peut plus s'inscrire dans cet ancien schéma dans la mesure où l'autonomie lui rend possible de dissocier sa vie émotionnelle de sa vie matérielle. La légitimité de la femme à initier explicitement la séduction est ainsi de plus en plus reconnue et, à certains égards, bien accueillie par les hommes.

Contrairement aux apparences, pourtant, ce changement d'équilibre dans la pratique de la séduction ne remet pas fondamentalement en cause la difficulté inhérente à la relation hommes/femmes. Cette difficulté tient en un mot que j'ai introduit quelques lignes plus haut : « émotionnel ». Plus précisément, la femme continue de privilégier de prime abord l'investissement émotionnel dans une relation, tandis que l'homme ne l'envisage (éventuellement !) que bien plus tard, lorsque la relation a atteint, disons, une vitesse de croisière (cet aspect des choses est mis en évidence, par exemple dans la récente étude sur les pratiques sexuelles des Français).

C'est cette réalité-là qui, dès le départ, rend complexe l'interaction de pouvoirs qui sous-tend le processus de séduction. Par ailleurs cette complexité est amplifiée par l'avènement de la « société de l'image » : au delà de la simple attractivité physique qui a de tout temps été un atout de séduction, mais qui l'est encore plus de nos jours, il y a surtout ce souci de se bâtir une « aura » en fonction de canons uniformisants, en d'autres termes de ne pas s'autoriser à être entièrement soi-même : apparaître sûr de soi, être tendance, et ainsi de suite. Il y a beaucoup de conformisme dans la séduction contemporaine. C'est en ce sens que, dans les faits, le sujet séducteur est appelé a renoncer au pouvoir : non seulement il se soumet au bon vouloir du sujet séduit mais il doit rentrer dans une espèce de « personnage standard » généralement reconnu comme pouvant séduire. Cela laisse peu de place à une véritable authenticité, toute forme d'excentricité est à bannir.

En sus, le sujet à séduire, de plus en plus, a des exigences très précises sur ce qu'il attend chez le sujet séducteur : Il y a le personnage standard que j'évoque ci-dessus, largement imposé par l'environnement social, mais aussi l'idée, souvent fausse, que l'on trouverait le bonheur avec et seulement avec une personne correspondant à un certain nombre de critères qui peuvent aller du physique et de l'apparence au culturel voire au métaphysique. Ce mythe de la compatibilité amoureuse est largement diffusé par les agences de rencontres ainsi que les sites spécialisés qui à l'inscription demandent aux candidat(e)s de remplir des questionnaires extrêmement détaillés.

Paradoxalement, c'est pourtant ici que le sujet séducteur peut reconquérir le pouvoir : à partir du moment où la séduction devient aussi standardisée, il devient relativement facile de « modéliser » le comportement séducteur idéal, indépendamment des finalités poursuivies par les parties en présence, et donc de feindre, de faire le caméléon.

C'est ainsi que le conformisme, la pensée unique sentimentale est, au bout du compte un jeu de dupes, un échange de violences symboliques et de leurres potentiellement dangereux sur le plan émotionnel.

En définitive, pour qu'une relation ait le plus de chances d'être bénéfique aux deux protagonistes, il est nécessaire de sortir de la séduction univoque (donc "conforme"), pour se placer plutôt dans une interaction transparente, une séduction activement mutuelle qui, sans nécessairement disqualifier les pouvoirs de chacun, permet de les équilibrer en toute conscience. Il ne s'agit pas là d'un effort simple à accomplir, car il induit une exigence d'authenticité, donc une grande capacité de recul sur soi-même : retrouver celui ou celle que nous sommes, profondément enfoui(e) sous notre formatage social.

Publié par Immonde_entier à 07:13:30 dans Immonde | Commentaires (5) |

Allez, du nerf ! | 22 mai 2007

Je sens comme un vent de morosité sur cette plate-forme dernièrement. Que vous arrive-t-il à tous ? Vous travaillez (déjà) plus pour gagner plus ?

Aujourd'hui, je fais assistante sociale bloglandesque, venez vous épancher, il n'est pas dangereux de s'épancher au dehors.

Vous voulez une histoire de cul ?

Allez, je vous mets déjà une photo hot pour vous réveiller...

Publié par Immonde_entier à 09:50:32 dans Immonde | Commentaires (2) |

La pensée unique est bonne pour ton teint. | 18 mai 2007

Je suis misanthrope par lassitude, pas par conviction, j'ai longtemps espéré et même cru que les zumains progressaient en intelligence, que l'humanité avançait inexorablement vers une forme de complétude intellectuelle.

Peu à peu la réalité m'a cruellement démenti : plus l'homme dispose d'outils pour lui permettre de penser plus loin, moins il prend la peine de penser. En fait, mes chers prochains, ce que je vous reproche surtout c'est que vous pensez que vous pensez alors qu'on vous pense et, en l'occurrence « on » n'est pas con, mais « on » est perfide.

« On » vous fournit des « espaces de liberté » que vous vous empressez d'occuper sans trop savoir quoi en faire. « On » vous offre mille plaisirs auxquels vous goûtez sans tarder et vous trouvez que c'est tellement bon, d'ailleurs parfois c'est réellement bon, mais bon à quoi ? À quoi bon ?

L'humanité me fait penser à une holothurie qui se verrait offrir un stimulateur de clito.

Publié par Immonde_entier à 10:34:31 dans Immonde | Commentaires (9) |

Domination/soumission vues par Immonde | 17 mai 2007

J'ai beau m'efforcer, je n'arrive pas à être tendre au pieu, en tout cas jamais très longtemps. Ca tombe bien car la quasi-totalité des partenaires que j'ai eues (ce qui fait un certain nombre) m'ont encouragé à y aller franchement. Oui, j'ai eu droit aux fameux « Plus fort ! », « encore ! », « donne moi tout ! » et bien sûr l'irrésistible « défonce-moi ». Et que dire des enthousiastes approbations quand je leur claque les fesses et la grimpée de rideau irrépressible lorsque j'en viens au tirage de cheveux ou au simulacre d'étranglement ?

Du coup je me pose des questions de toutes sortes :

-         Les filles qui aiment la douceur existent-elles ?

-         Si oui, pourquoi n'en rencontre-je jamais ?

-         Est-ce que Sarkozy est vraiment dangereux ?

 

Bref... Tout ça pour en venir à une nouvelle théorie foireuse sur cette tendance apparemment répandue à une certaine soumission sexuelle chez la femme : replaçons nous aux tout débuts du genre humain, Neandertal, Cro-Magnon etc. A cette époque, telle que je l'imagine, la femme devait être terrorisée par cette brute puissante et violente qu'était l'homme. L'homme, à ses yeux représentait un danger mortel presque aussi prégnant que les grosses bébêtes inquiétantes qu'il chassait en  bande pour nourrir la tribu.

Quand bien même, l'évolution sociale du genre humain a atténué les risques physiques encourus par la femme face à l'homme, cette trouille viscérale est ineffaçable, en tout cas jusqu'à nos jours, et je doute que cela puisse changer dans le futur.

Maintenant, rappelez-vous, que vous soyez male ou femelle, quand vous étiez enfant, vous aimiez jouer à vous faire peur, d'ailleurs, ce n'est pas parce qu'on devient grand que cela nous quitte, à preuve le succès de toutes ces attractions à sensations fortes dans les parcs genre Disneyland.

Eh bien, à mon sens c'est le même genre de processus mental qui conduit des femmes à aimer être quelque peu malmenées dans l'acte sexuel : se griser de la sensation d'approcher, de frôler même l'aspect dangereux du male, du moment que celle-ci ne se réveille pas véritablement (tout comme on sait que Space Mountain ne va pas se crasher). Certains parleraient d'exorcisme.

Cela dit, les hommes aussi ont peur des femmes, pour des raisons certes moins mécaniques, mais tout à fait réelles, plus précisément, un homme a peur d'UNE femme au départ, qui est sa mère, et pour d'insondables raisons qu'un psychanalyste expliquera facilement, cette peur va se projeter sur toutes les femmes lorsqu'il grandit. Freud a développé la théorie du complexe d'Œdipe, mais je la trouve incomplète. La peur ou plutôt LES peurs suscitées par la mère, qui sont partagées par les filles et les garçons, ne me semblent pas devoir être analysées sous un angle uniquement sexué. Quelles peurs ? Eh bien tout d'abord celle d'être abandonné par cette mère nourricière (à mettre en parallèle avec la femme des ères primitives qui a peur d'être abandonnée ou rejetée par le male dominant qui a le contrôle du bifteck), mais aussi la peur la maman qui élève et donc qui gronde quand on fait une bêtise (par analogie à l'avantage physique de M. Cro-Magnon qui est alors un danger potentiel). Le petit enfant se sent donc bel et bien sous l'emprise de la domination de la mère. Là où les choses diffèrent entre hommes et femmes, c'est que la petite fille lorsqu'elle devient grande peut à son tour prendre le rôle de la mère et pour ainsi dire « solder le compte » de la peur de la mère.

L'homme en revanche n'a pas cette possibilité et doit donc s'y prendre autrement pour résoudre sa peur-tension. Ainsi, il me semble que c'est là qu'il faut chercher l'origine de cette vieille tradition qui veut que ce soit l'homme qui fasse l'effort de séduction de la femme : c'est un acte symbolique de reconquête de la mère inaccessible, puisque crainte. L'homme qui séduit prouve, autant à la femme qu'à lui-même, qu'il a surmonté sa peur de la mère, la séduction masculine est donc aussi un exorcisme. Mais l'acte de séduction est aussi un acte de soumission : il expose au rejet. La personne à séduire dispose des leviers car elle et elle seule décide du succès ou de l'échec de la tentative.

Observons toutefois que le changement des mentalités consécutif aux mouvements féministes est en train de mettre sérieusement en cause cet équilibre des peurs, à double titre : d'abord en exigeant de leurs partenaires qu'il partagent à parité la charge d'élever les enfants, les femmes renoncent donc d'une certaine manière au levier de domination dont elles disposaient jusque là ; à cela s'ajoute la revendication des femmes au droit d'avoir l'initiative dans l'acte de séduction.

Evidemment, ces peurs chez la plupart des gens s'estompent avec l'age, le monde serait invivable si nous étions tous et toutes des êtres craintifs, notamment des personnes du sexe opposé. La raison et l'expérience concrète de la vie nous enseignent que, dans la pratique, ces peurs n'ont pas lieu d'être, elles sont donc refoulées quelque part dans nos subconscients et avec un peu de chance, elles ne remonteront pas à la surface de manière intempestive. Ce salutaire refoulement sera d'autant mieux contrôlé que l'on pratiquera ces petits jeux exorcisant la peur « primale » : le jeu de la soumission sexuelle chez la femme et celui de la séduction-soumission chez l'homme.

Il y a toutefois des variations pour démentir toute l'analyse ci-dessus, dans la manière de « digérer » ces peurs, on parlera par exemple de l'homosexualité, ou encore des femmes qui se refusent à ce jeu de la soumission (et que je n'arrive pas à rencontrer). Il y a aussi les hommes qui veulent être sexuellement soumis par leur partenaire, j'y vois une démarche de perpétuation : ces hommes plutôt que de chercher à refouler la peur de la mère optent pour la maintenir intacte et s'en nourrir mentalement.

A ce propos, que pensez vous de cet échange ?

Elle : Je connais vos techniques. Dès que vous êtes gêné, vous vous posez en victime.
Lui : Avec vous, ce serait une victime consentante!
Elle : Tant mieux, au moins, il y a du plaisir.

Apprenez, si vous n'avez pas bien suivi, que les personnes qui s'expriment ainsi s'appellent... Ségolène Royal et Nicolas Sarkozy, à l'occasion de leur face à face télévisé du 2 mai dernier... Je trouve cet échange énorme !!! Le nouveau présidentdetoulesfronssais n'aurait-il pas révélé là de manière subliminale un aspect assez inattendu de sa personnalité ?

 

Publié par Immonde_entier à 12:29:18 dans Immonde | Commentaires (43) |

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