• A. fut donc ma toute première salope, celle qui, en somme, me permit de découvrir que ça existe, des femmes qui n'ont aucun état d'âme pour assouvir leurs désirs charnels avec qui bon leur semble, quand bon leur semble. Mes relations avec elle ont duré quelques années, et je reviendrai sans doute dessus dans des billets prochains.

    Elle ouvrit une série, allez, non pas longue, mais tout de même, d'une huitaine de surprenantes et estimables personnes du genre féminin.

    D'une manière générale, toutefois, les salopes ont un travers qui peut être irritant, parfois même épuisant, c'est leur forte propension à jouer à des jeux mentaux. Elles sont, sans conteste, passablement dominatrices par nature, d'une manière mesurée toutefois ; mais surtout elles se nourrissent de la tension psychologique qui a sur elles un effet aphrodisiaque assez évident.

     

    Le jeu d'échecs, un peu comme tous les jeux de stratégie à un contre un, est un jeu violent. Symbolique, certes, mais définitivement violent. Au delà du sens tactique et des connaissances théoriques, la capacité à troubler l'adversaire joue beaucoup sur la victoire finale. Vous ne le croirez peut-être pas mais j'en sais qui usent de subterfuges carrément immondes...

    Tout cela pour dire que dans le temps, à peu près à la même époque que ma découverte de la face cachée d'A., comme j'étais célibataire et que mes soirées étaient quelque peu désœuvrées, j'avais décidé de m'inscrire dans un club d'échecs où je faisais régulièrement un tour après le bureau. Les membres en étaient majoritairement des gamins, enfin, des adolescents et nous n'étions qu'une poignée d'adultes à nous faire régulièrement massacrer par ces lycéens « échémanes ».

    Pour une raison que je m'explique mal, les nanas sont rares à priser le jeu d'échecs. Dans notre club, sur plus de deux cents membres, elles ne se comptaient que sur les doigts d'une main, et encore, seule une était régulière.

    Elle s'appelait Kwan, 19 ans, fille d'un restaurateur chinois assez réputé, gosse de riches donc et qui, pour cette raison, autant que du fait de son genre et de son origine, n'était visiblement pas unanimement appréciée par la communauté d'ados boutonneux. Seul un petit nombre acceptait sans faire la grimace de jouer contre elle.

    De mon coté, comme j'étais peu entraîné, je n'étais pas un adversaire bien excitant pour ces accros, un peu trop facile à battre, surtout qu'à 90% ils jouaient des blitz (parties très courtes) de 2x5 minutes, et là j'étais vraiment à la ramasse.

    Ainsi, Kwan devint vite une adversaire régulière, contre qui je prenais plus souvent de raclées que je n'en donnais. Pour les connaisseurs, elle m'initia aux joies de la défense Pirc, dont elle était une inconditionnelle lorsque avec les blancs j'ouvrais en d4.

    Ouvrir en d4 est, normalement, une manière d'entrer dans une partie relativement paisible, or la défense Pirc peut permettre aux noirs d'attirer les blancs dans une partie d'une assez grande violence et à double tranchant.

    Kwan s'avérait être une violente... Ce qui transparaissait assez bien dans son apparence physique. Pour une asiatique, elle est grande, dans les 1,70 m, de la carrure mais sans excès, et un visage d'ange assez rond mais qui prenait une expression de sardonique jubilation lorsque, sur l'échiquier, je me trouvais en difficulté. Je détestais cette expression exaspérante qui rajoutait des émotions négatives à la pression du jeu... Mes vindicatives envies de revanche faisaient que je recherchais toute occasion de jouer contre elle.

     

    (à suivre)


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  • La salope a un trait de caractère crucial sans lequel elle ne serait pas une salope : elle aime inconditionnellement le sexe, et cette prédilection est sans concession ni limites. Non pas que la salope jouisse plus ou plus facilement que n'importe quelle autre femme, mais elle a une grande aptitude à savourer à l'extrême l'instant érotique. Ce n'est pas forcément physique (encore qu'en général, cela joue un rôle primordial), il s'agit plutôt d'une conceptualisation, voire une spiritualisation (que voila un bien grand mot) du plaisir de partager une fête sexuelle avec l'élu du moment.

    A cet égard, la salope développe un impressionnant savoir-faire dans l'œuvre de provoquer le plaisir tant de son partenaire que d'elle-même : avec elle, tout semble tellement facile, naturel, la connexion est instantanée et particulièrement durable. Tout ce savoir faire a pour effet de rendre ses partenaires complètement gagas. Là réside tout le drame d'une salope : ses amants ont la fâcheuse tendance de tomber éperdument amoureux d'elle alors qu'elle n'a aucune volonté de s'attacher « sérieusement ». Elle a une faculté sans faille de détachement qui déroute les hommes, pour qui ces moments d'ultime intimité, de totale connexion ne saurait signifier autre chose que « Elle en pince grave pour ma pomme ! ». Erreur, profonde erreur. La salope est un zappeuse sans états d'âme ; elle est cynique (parfois sans même en avoir conscience) ; elle est passablement égocentrée, mais pas égocentrique : elle sait tout à fait être généreuse.

    Une heure et demie du matin, c'était l'heure où l'ambiance et la fréquentation du Butterfly prenaient des proportions paroxysmiques. Sur la piste de danse, trouver un endroit pour mettre un pied relève presque de l'exploit. La foule anonyme de corps moites qui s'entrechoquent allègrement communie dans la transe absurde du Vendredi soir. La femme de mon meilleur pote vient de déposer un baiser sur ma bouche et je me sens à l'étroit tant dans le confinement de la boite de nuit que dans mon pantalon.

    C'était l'heure où ma pensée était prise dans un « endless loop » (je préfère à « boucle sans fin ») sur les thèmes « Ça va où tout ça ? » et « J'ai envie d'elle ! ». Les seins d'A. semblaient vouloir s'enfoncer dans mes poumons et son bassin pris dans un champ magnétique émanant du mien.

    La main d'A. vint se poser à l'arrière de ma tête et je l'entendis me chuchoter à l'oreille « On y va ? ». La dernière once de lucidité qui me restait m'évita de justesse de répondre bêtement « Où ça ? »...

    Dans la voiture, A. m'observait avec amusement. Situation bizarre où c'était elle qui me faisait du rentre-dedans et moi qui me sentais vaguement coupable.

    Perfide, elle m'interrogea : « Tes sorties du Vendredi soir se terminent souvent comme ça, n'est ce pas ? » Juste ce qu'il fallait pour me mettre totalement mal à l'aise... J'essayai de donner le change en répondant avec une fausse nonchalance « Ça arrive... » Elle éclata de ce rire inénarrable en se moquant « Oui, toutes les semaines je crois bien... A propos, comment va Lisa ?»

    La honte ! Ne jamais raconter ces histoires de cul même aux copains, je le savais déjà, mais vous savez comment on est les mecs, surtout à cet age-là : vantard et compagnie. Mais c'est vrai quoi ! Qu'est-ce qu'ils ont ces couples unis à tout se raconter des confidences qu'ils reçoivent ? En me rappelant que j'avais raconté l'épisode Lisa avec force détails à C., j'avais des sueurs froides en me demandant jusqu'où cet idiot avait été dans l'indiscrétion...

    - Bah j'sais pas, cela fait un moment que je l'ai pas vue...

    - Je trouve que vous iriez très bien ensemble...

    Non, mais de quoi je me mêle ...

    - Ah ? Bof, bof... elle est un peu ennuyeuse Lisa...

    A. se marre...

    - Tu n'es pas bien gentil avec tes conquêtes, dis-moi...
    - C'est pas méchant ce que je dis là. Elle est gentille, sympa et tout, mais ennuyeuse. Et puis je ne suis pas vraiment preneur pour des histoires sérieuses, en ce moment.
    - Je sais...

    Nous arrivions dans mon quartier. « Chez moi, n'est-ce pas ? » m'assurai-je.

    - Tu me fais découcher ?

    - Disons ça comme ça...

    - OK...

    A cette époque où, comme l'avait sournoisement rappelé A., je multipliais les aventures, je mettais un soin particulier à mon intérieur. J'étais pratiquement une nana sur ce plan là et ma jubilation était quasi-orgasmique quand mes « conquêtes » se fendaient d'un « C'est joli chez toi. » Le problème, c'est que beaucoup montraient des velléités de s'attacher, et je soupçonnais hautement que c'étaient à l'appartement et non à son occupant. A. ne dérogea pas à la règle : « Wouah ! C'est super ici, je crois que je reviendrai souvent... » J'admirai sa démarche conquérante alors qu'elle allait s'affaler dans le canapé.

    - Je suis sure que tu me juges sévèrement... Dit-elle.

    - Non je ne juge pas. Je suis juste, heu, dérouté, disons. Ce n'est pas ordinaire comme situation.

    - Non ? Pourtant tu en amènes souvent des filles, ici...

    - Oui mais pas les femmes de mes amis...

    - Ca change quelque chose ?

    - Ben, oui... Je crois... Pas toi ?

    A. jouait. Elle savait mon malaise, et visiblement ça la stimulait. Elle ôta ses escarpins et s'assit en tailleur. J'allai m'installer à ces cotés. Je n'étais vraiment pas à mon aise, partagé entre l'envie de lui sauter dessus et la gêne que toute cette histoire m'inspirait. Je la regardai, la trouvai incroyablement belle, étrangement, cela ne m'avait jamais sauté aux yeux. Elle se tourna vers moi, son visage avait une expression ensorcelante, un demi-sourire et un regard inquisiteur, que j'avais toutes les peines du monde à soutenir, ce qui me décida à l'embrasser.

    Sa réaction fut volcanique, un déchaînement de passion comme j'en ai rarement fait l'expérience. Or, vous le savez sûrement, ce genre de truc est hautement contagieux. Mes mains partirent à l'exploration de son corps comme si elle était la première femme que je touchais. Nos dents s'entrechoquaient dans un concert de halètements tandis qu'elle m'étreignait avec force et détermination. Alors que j'amorçai le geste de la dépouiller de sa robe, elle m'arrêta d'un péremptoire « attends ». Elle se redressa et entreprit en quelques gestes bien assurés de m'extraire le chauve à col roulé à l'air libre. Elle se jeta dessus sans autre forme de procès et me prodigua une fellation venue d'un autre univers...

    Elle avait un savoir-faire diabolique, contre lequel toute résistance était inutile. En quelques petites minutes, j'explosai piteusement dans sa bouche, ce qui ne sembla pas la contrarier outre mesure. Au contraire, en se redressant, elle se paya le luxe de me montrer avec quelle satisfaction elle déglutissait le fruit de ses efforts. Puis elle me demanda avec une certaine effronterie : « Tu as aimé ? ». Le souffle encore coupé, j'acquiesçai de la tête. « Tu t'occupes de moi ? » C'était plus une injonction qu'une question... Je me fis un honneur de lui rendre l'hommage oral. Elle ondulait en haletant sans retenue. « Ouh ! Mais c'est qu'il va me faire jouir ! » Déclara-t-elle, avant de s'abandonner à un expansif orgasme.

    Elle reprit très vite ses esprits, se débarrassa de sa robe et me dépiauta. Elle me fit allonger sur le tapis, me chevaucha, empoigna mon membre et le guida en elle. Je vais vous dire, ce moment où l'on pénètre une femme (ou, pour une femme, où l'on se fait pénétrer par un homme) pour la première fois, je me dis souvent que c'est pour cet instant qu'on est venu au monde. Franchement, je suis incapable de comprendre ceux pour qui le cul est un truc secondaire... C'est le sens de la vie, bordel !

    Comme j'assistai à ce spectacle d'A. en train de me baiser avec conviction, ses jolis seins en poire se balançant au dessus de moi, sa bouche laissant s'échapper quelques onomatopées de bon aloi, je me disais in petto que la vie valait la peine d'être vécue malgré les drames de la famine en Afrique, la guerre sans fin au Proche-orient et le capitalisme qui corrompt l'humanité.

    La nuit fut longue. Je ne dirais pas que tout le kamasoutra y est passé mais on ne devait pas en être loin. A. m'octroya jusqu'au privilège de m'égarer dans son « entrée des artistes » où je m'épanchai pour une cinquième fois de la nuit, avant que nous nous effondrâmes dans un sommeil de plomb.

    Le samedi était déjà passablement avancé, lorsque je fus réveillé par le poids du corps d'A. sur le mien. Elle me tournait le dos, accroupie, son entrejambe se frottant contre mes attributs virils, ce qui ne tarda pas à me donner rapidement une consistance propre à une nouvelle séance torride.

    Après m'avoir ainsi de nouveau subtilisé quelques centimètres cubes de sperme, elle se leva, déposa un léger baiser sur mes lèvres et me dit simplement « Je file. »

    - Ben attends, je vais te ramener.
    - Non, non ! je vais marcher, c'est tout près et ça me fera du bien. Et puis il fait jour, tu n'as pas envie qu'on nous voie ensemble... Ne bouge pas, je connais le chemin.

    Plus tard, quand je me levai enfin, je vis sur la table basse... sa culotte et un petit mot : « C'est sympa chez toi, je reviendrai ! »

    (à suivre)


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  • Avant de poursuivre le récit de mes tribulations avec « A. », je voudrais d'abord vous entretenir d'un mythe fâcheux, il est toujours sain de débiner les mythes... Ce mythe c'est celui du « regard de salope » souvent utilisé par les auteurs de fictions, notamment érotiques, et moult fois repris dans la vie courante par tous et toutes pour qualifier un regard féminin luisant de concupiscence, éventuellement associé à une expression faciale friponne et explicitement sensuelle. Alors attention : certes, des femmes ont recours à ce regard mais ce ne sont pas des salopes, en fait ce fameux sourire, je l'attribuerais à deux catégories de nanas : les pouffes et les « torpilles ».
    Une pouffe est une femme qui est dans une logique de prostitution, soit en étant effectivement une prostituée de métier, soit, d'une manière générale, en usant du sexe pour servir leurs intérêts d'ordre matériel, à l'exemple de celle qui couche avec un chef pour bénéficier d'une promotion canapé ou encore de la « femme entretenue » qui choisit ses partenaires en fonction de leur compte en banque.
    La torpille, elle, est un cas particulièrement horripilant, mais qui en même temps inspire de la compassion. C'est une midinette pas très futée, assez vulgaire et qui croit dur comme fer au prince charmant, à cette âme sœur qui l'attend quelque part et dont elle a, dans son esprit, une image bien arrêtée. La torpille a un double problème : d'abord celui de croire à son conte de fées, ce qui est déjà assez préoccupant en soi, et ensuite que cette croyance l'aveugle et l'empêche d'avoir une connaissance des hommes qui ne soit pas superficielle. La torpille s'intéresse essentiellement aux beaux gosses (un prince charmant est toujours beau et séduisant !) et dès qu'elle en voit un, son cerveau opère un court-circuit qui attribue à l'apollon les traits de personnalité de son homme idéal, elle se lance donc, faisant fi de toute subtilité, bille-en-tête dans une opération de rentre-dedans d'où mon choix de l'appeler « torpille ». Mais le propre d'une torpille est qu'elle explose : la femme torpille va de déception en déception, pour deux raisons simple, d'abord que son prince charmant n'existe pas et ensuite parce qu'en jetant son dévolu systématiquement sur des hommes physiquement séduisants, en prenant ouvertement les devants, elle commet la pire bêtise qu'une femme puisse faire dans sa vie amoureuse : le beau mec, à l'instar de sa contrepartie féminine, le canon, a un ego hypertrophié et qui se nourrit, tel le vampire du sang de ses victimes, de l'attirance qu'il suscite chez la gent féminine. Il y a bien évidemment des exceptions : certains beaux mecs savent aller au-delà de leur apparence physique et résister à cette tentation de vampirisation. Néanmoins, le phénomène est valable la plupart du temps. La seule manière raisonnable de conquérir un beau mec est de le pousser à faire le premier pas et lui résister suffisamment longtemps pour que son ego se dégonfle un peu, sinon vous êtes foutue. Cette réalité-là, nonobstant s longue et douloureuse expérience, la torpille est tout simplement incapable de la saisir ni, a fortiori, de la retenir. Elle se jette dans les bras de beaux mecs vampires avec à chaque fois la conviction inébranlable que « cette fois c'est la bonne », mais ça ne l'est, hélas, jamais.
    Donc, méfiez-vous du soi-disant « regard de salope » il est annonciateur d'une potentielle catastrophe, voire double catastrophe car en plus il existe des « Pouffes-torpilles », le nec plus ultra de l'humanisme à la dérive.
    Mais alors, me demanderiez-vous, à quoi reconnaït-on une salope ? Eh bien, vous allez être déçus : il n'y pas de signe extérieur évident pour identifier une salope. Comme je vous le disais la fois précédente, la salope avance masquée, le plus souvent, elle fait tout pour apparaître comme une femme ordinaire.
    Il est extrêmement rare qu'une salope prenne ouvertement les devants dans le jeu de la séduction. En revanche elle dispose souvent de ressorts insoupçonnés pour manipuler un homme afin de le conduire à la draguer. Il faut d'ailleurs noter que cela n'est pas l'apanage des salopes. Il s'agit en fait de techniques relativement classiques assez proches de la PNL. J'appellerais cela la « séduction récursive » (cherchez pas, je viens de l'inventer...) : par opposition à la séduction simple (X séduit Y) qui engage un rapport de forces, la séduction récursive vise à donner à la cible le désir de séduire l'émetteur. Cela recourt au contact tactile et/ou oculaire, ainsi qu'au rire. Dans le schéma de la séduction classique, par exemple, on dit souvent qu'un homme qui réussit à faire rire sa cible a fait une grande partie du chemin (ce qui est assez vrai), dans la séduction récursive, la femme se montre rieuse, de sorte à nourrir chez l'homme l'envie de la faire rire encore.
    Dans la conversation, la salope utilise une approche masculine qui consiste à faire parler l'autre de lui-même. Mais ici encore, le fait d'avoir cette approche ne qualifie pas forcément la salope.

    Mon total manque de présence d'esprit sur les visées sous-jacentes au comportement d'A. s'expliquait, je le répète, par une espèce de dissonance cognitive dont j'étais victime : j'avais de A. l'image d'une femme hyper-sérieuse « bien sous tous rapports », comme on dit. Qui plus est, elle était l'épouse d'un de mes meilleurs amis, il ne m'effleurait pas un instant de la considérer comme toute belle nana susceptible de partager avec moi des moments coquins... Pour cette raison, A. se trouvait face à une situation peu habituelle où elle devait un tant soit peu « sortir du bois ».
    Elle le fit à l'occasion d'un « Zouk-love » (c'était en vogue à l'époque!) opportunément diffusé par le DJ. Sans l'ombre d 'une hésitation, A. s'accrocha à mon cou me signifiant sa volonté de danser « collé-collée ». A. avait cette faculté, que j'allais retrouver plus tard chez toutes les salopes qu'il m'a été donné de croiser, de mettre une charge érotique très intense dans tout contact physique. C'est un truc que j'ai toujours du mal à m'expliquer très précisément ; il me semble que c'est une manière d'abandon. À titre d'exemple, une salope posant sa main sur votre avant-bras le fait d'une façon très particulière : sans appuyer ostensiblement, elle laisse juste peser sa main de sa masse naturelle. C'est par un procédé similaire que A. laissait aller son corps contre le mien sur la piste de danse. Alors qu'une « chaude » ou une pouffe va délibérément accentuer les frotti-frotta, la salope laisse juste agir les lois de la mécanique ; elle n'allume pas de manière aggressive, mais l'efficacité est maximale. Pourquoi? Eh bien parce qu'elle n'use pas d'un érotisme exclusivement charnel : la suggestion d'abandon a un impact qui relève du psychique plutôt que du physique ; elle signifie quelque chose comme « je suis en confiance avec toi, je sais que je n'ai pas besoin d'en faire plus pour que tu comprennes mon désir et pour éveiller le tien. »
    C'est à ce moment là qu'enfin je réalisai qu'il était en train de se passer quelque chose de pas ordinaire. Pour tout dire j'étais brusquement chaud-bouillant de désir, je cherchai le regard de A. dont la tête reposait, indolente sur mon épaule. Elle leva son visage qu'ornait un sourire franc et doux. Elle colla furtivement sa bouche sur ma bouche.

    (à suivre)


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  • On dit souvent que les hommes aiment les salopes... Je ne m'aventurerais pas à parler pour tous les hommes mais je peux dire que moi, personnellement je suis en conformité avec cette « règle ».

    Si j'aime les salopes ce n'est pas seulement pour ce que je fais ou pourrais faire avec elles, mais parce qu'elles me fascinent, humainement parlant, car être une vraie salope est loin d'être facile : la salope est honnie de tous... et surtout de toutes (y compris des autres salopes), cela tient aux rôles sociaux (au sens de « jeu de rôles ») présupposés entre hommes et femmes, vieille conception sexiste à la peau dure...

    Je vais vous exposer une théorie : les femmes, si « solidaires » quand ça les arrange, ont du mal à accepter que l'une des leurs aie l'audace d'aller au bout d'elle-même (d'une manière générale) : aller au bout de soi, de ses pulsions, de ses aptitudes, de ses folies signifie se découvrir soi-même sans fard, or les femmes, bien plus raisonnées que les hommes, savent qu'au bout du voyage on risque fort de ne pas aimer ce qu'on découvre sur soi-même. Dans ce domaine, ce qui fait l'avantage des mecs c'est leur inconscience et leur manque de discernement, des faiblesses qui deviennent un atout potentiel.

    Les femmes, fortes de leur intuition, ou plutôt de leur capacité à se fier à leurs intuitions, ont une prédilection pour l'incertitude (dans la certitude, l'intuition devient inutile) ; c'est pourquoi la salope, qui fait abstraction de l'incertitude, constitue donc une déconstruction des clichés sur la féminité, la traîtresse.

    La femme non salope, si elle éprouve un commencement de désir pour un homme, va tout d'abord se poser des questions qui vont lui permettre d'user de son intuition, par exemple : « Est-ce que je saurai éveiller en lui des sentiments forts ? », « Est-ce qu'il pourra être l'homme de ma vie ? », « Est-ce qu'on aura des atomes crochus sur le plan intellectuel ? » ou encore « Est-ce que c'est un bon coup ? » etc. Tandis que la salope passe outre ces incertitudes pour uniquement se concentrer sur une idée : « Je veux qu'il me baise ! »

    La salope est évidemment une aubaine pour les mecs qui sont, tout le monde le sait, gouvernés par leur queue, c'est en ce sens qu'on dit que « les hommes aiment les salopes » mais en réalité, je crois que la plupart d'entre eux ne les aiment pas tant que cela. Les relations avec une salope débouchent souvent, chez un mec ordinaire, sur des émotions négatives : jalousie, insécurité, castration symbolique (une salope aura TOUJOURS le dessus sur un mec ordinaire), mépris et bien d'autres encore.

    Pour cette raison, la salope est souvent contrainte à se protéger en cachant son jeu, ce qui mène parfois à des situations amusantes... D'autant plus que les hommes, peu psychologues, ne sont pas spécialement forts pour détecter la salope.

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    Voici une quinzaine d'années, C., un bon copain, plutôt sympa, brillant dans son travail, tout à fait charmant, avait eu un coup de foudre phénoménal pour une jeune femme du même acabit : mignonne, bien diplômée, jeune cadre dynamique, BCBG, ambitieuse et visiblement très intelligente. Tout à son idylle, le gars s'était nettement écarté du cercle de jeunes cons que nous formions avec quelques autres, c'est un truc assez classique et somme toute normal, d'autant plus qu'on était vraiment des lourds et que la jeune femme, appelons-la A., visiblement n'appréciait pas particulièrement notre société, ce qui prouvait sa valeur. Au bout de deux mois les tourtereaux convolèrent en justes noces. A l'occasion de l'inévitable soirée d'enterrement de vie de garçon, C. me raconta, sous le sceau de la confidence, que A. était « une vraie salope au pieu », ce qui me surprit, je dois l'avouer, car cela contrastait nettement avec son image un peu austère.

    Apres la lune de miel, C. me sollicita pour aider le jeune couple dans leur emménagement, car je disposais d'un véhicule utilitaire plus adapté à cet effet que la Golf GTI de C. En passant, je constatai qu'ils étaient tous les deux parfaitement assortis, sur le plan des caractères et surtout qu'elle avait un ascendant certain sur C. : plus décisive, débrouillarde et pragmatique. De fait, elle dominait son homme avec un magistral savoir-faire : sans en avoir l'air, donc sans que mon pote ne s'en aperçoive... Les jeunes mariés avaient élu domicile dans un quartier très voisin du mien, à moins de cinq minutes en voiture.

    Rapidement, je pris conscience que le jeune couple envahissait ma vie, gentiment mais sûrement : deux à trois soirées par semaine je recevais un coup de fil de C. pour venir prendre un verre chez eux, voire dîner. La raison en était que, très occupée par son travail, A. ramenait régulièrement du boulot à la maison, je servais donc de distraction consentante au mari quelque peu délaissé. A. m'appelait parfois avec une perfide ironie, la maîtresse de son mari, ce qui faisait C. s'esclaffer bêtement et moi rire plutôt jaune...

    Je crus trouver ma salvation quand C. se vit proposer une formation pointue à l'étranger d'une durée de deux mois. Enfin un peu de tranquillité ! Et avec un peu de chance, deux mois de séparation allait apprendre à ces deux là à vivre enfin en tête-à-tête...

    J'avais parlé trop tôt : trois jours après le départ de C., ce fut sa sémillante épouse qui m'appela pour me demander avec son autorité habituelle de venir l'aider pour un sombre problème de câblage téléphonique. J'allai donc, bonne poire, avec mes tournevis. J'eus à le regretter car il m'avait fallu presque deux heures avant de venir à bout du casse-tête chinois, les précédents occupants du lieu s'étant fait un malin plaisir à compliquer à souhait ce qui devrait être d'une simplicité lumineuse. Que n'avais-je recommandé à A. de louer les services de professionnels plutôt que de sacrifier ma soirée à cette cause presque perdue ?! D'un autre coté j'avais (et j'ai toujours !) ce caractère obstiné qui fait que je ne renonce jamais devant les difficultés inattendues sur un projet qui me semblait au départ à ma portée. Bon, bref, je suis venu à bout de la mission impossible non sans suer, tant d'énervement que de fatigue.

    Magnanime, A. m'offrit de dîner sur place, ce qui était de bon ton, et que j'accueillis avec mille grâces car l'idée de avoir encore à me préparer à bouffer, de retour chez moi sonnait comme un supplice. En fait, plutôt que de préparer un « vrai » dîner, elle choisit de déployer quelques victuailles bien sympathiques et du pinard sur la table basse du salon ; nous nous sommes installés sur le canapé, face à la télé. Toujours égale à elle-même, A. avait un art consommé de la conversation, très vite, je me retrouvai bombardé de questions sur mon job « vachement intéressant » (dixit A.) dans une société d'investissement.

    A cette époque-là, je n'étais pas encore vraiment « Immonde », assez naïf et enthousiaste en fait, jeune con content de devenir adulte, convaincu d'avoir son brillant avenir en main, malgré un divorce relativement traumatisant. Je découvrais A. sous un jour assez nouveau : volubile et rieuse, par contraste avec la jeune « executive woman » en devenir, ironique, autoritaire et limite cassante à laquelle je m'étais habitué ; et ce contraste me perturbait. En même temps, c'était une découverte agréable, il y a des gens comme cela qui vous donnent l'envie irrésistible d'être de leurs amis. Tout cela pour dire qu'en ce vendredi soir, je me sentais bien à bavarder avec une fille (chose à laquelle je suis plutôt allergique en règle générale), au point de ne pas voir passer le temps, or il était tard, dans les 23:30. M'apercevant de l'heure qu'il était, je voulus prendre congé, mais A. ne l'entendait pas de cette oreille : « Ah ! Non ! Là j'ai bu trop de café, je ne vais pas m'endormir de sitôt, on sort en boite ? »

    Pour tout dire, mon projet immédiat était précisément d'aller en boite pour débusquer quelque dévergondée et lui montrer mes estampes japonaises. La perspective de traîner A. comme un boulet dans cette entreprise n'était guère engageante. D'un autre coté, je n'avais pas d'argument décent pour refuser car elle savait, la bougresse, que tous mes vendredis soirs se passaient dans les discothèques « in » de la ville. J'étais piégé. A. alla troquer jeans et large sweat-shirt contre une robe courte dans les blanc-cassé, me donnant l'occasion de me rendre compte qu'elle était roulée à la perfection.

    Nous atterrîmes donc au Butterfly, centre névralgique de la vie nocturne, lieu de brassage socio-culturel bruyant et enfumé (et pas seulement de tabac). A. m'entraîna d'autorité sur la piste dans la moite cohue des corps endiablés, dans laquelle A. n'était pas la moins déchaînée... En l'occurrence, elle était même totalement débridée, ondulante, déhanchée à donf' et surtout, elle commençait dangereusement à venir à mon contact, son cul venant « innocemment » frotter contre mon bas ventre. Croyez-le ou pas, mais il ne m'était toujours pas venu à l'esprit que A. était en train de m'allumer...

     

    (A suivre...)


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